Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/61

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Il n’est donc pas question de tilleul (Linde) dans toute cette poésie. Le remplacement du chêne (Eiche) par le tilleul (Linde) ne s’est effectué (dans son inconscient) que pour rendre possible le jeu de mots : « Terre-Tilleul-Vigne » (Erde-Linde-Rebe).

c) Ce poème est intitulé : « Les limites de l’Humanité » et contient une comparaison entre la toute-puissance des dieux et la faiblesse des hommes. Mais le poème qui commence par les vers : « Edel sei der Mensch, — Hilfreich und gut ! », n’est pas du tout celui auquel Z. a emprunté sa strophe. Il est imprimé quelques pages plus loin ; il est intitulé « Le divin » et contient également des pensées sur les dieux et les hommes. Comme cette question n’a pas été approfondie, je puis tout au plus supposer que des idées sur la vie et la mort, sur l’éphémère et l’éternel, sur la fragilité de la propre vie de Z. et sur la mort future ont pu également jouer un rôle dans la détermination de l’oubli qui s’est produit dans ce cas. »

Dans certains de ces exemples il faut avoir recours à toutes les finesses de la technique psychanalytique pour expliquer l’oubli d’un nom. Je renvoie ceux qui veulent se renseigner plus en détail sur ce genre de travail, à une communication de M. E. Jones (de Londres), traduite d’anglais en allemand[1].

M. Ferenczi a observé que l’oubli de noms peut se produire également à titre de symptôme hystérique. Il révèle alors un mécanisme fort éloigné de celui qui préside aux actes manqués. La communication suivante fera comprendre cette différence :

« J’ai actuellement en traitement une malade qui, bien que douée d’une bonne mémoire, ne peut se rappeler les noms propres, même les plus usuels, même ceux qui lui sont le plus familiers. L’analyse a montré

  1. « Analyse eines Falles von Namenvergessen », Zentralbl. für Psyoanalyse, Jahrg. II, Heft 2, 1911.