Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/309

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l’endroit exact où nous étions par rapport à la station frontière et je constatai que nous traversions le pont de la Bidassoa. Et voilà que les mêmes vers me revinrent à la mémoire, sans que je pusse encore me rappeler à quel poème je les avais empruntés.

Quelques mois plus tard, je tombe par hasard sur les poèmes d’Uhland. J’ouvre le volume, et les premiers vers qui se présentent à ma vue sont : « Aber frei ist schon die Seele, schwebet in dem Meer von Licht », par lesquels se termine un poème intitulé . Der Waller. Je relis le poème et me souviens vaguement l’avoir autrefois appris par cœur. L’action se passe en Espagne – c’est là, me semble-t-il, le seul rapport qui existe entre les vers cités et l’endroit où ils me sont revenus à la mémoire. Peu satisfait de ma découverte, je continue à feuilleter machinalement le livre. Les vers en question occupaient le bas d’une page. En retournant cette page, je tombe sur un poème intitulé : Le pont de la Bidassoa.

J’ajouterai que ce dernier poème m’était encore moins connu que le premier et qu’il commençait par ces vers : « Auf der Bidassoabrücke steht ein Heiliger altersgrau, segnet rechts die spans’chen Berge, segnet links die frank’schen Gau 94. »

II. Cette manière de concevoir le déterminisme de noms et de nombres, choisis avec toutes les apparences de l’arbitraire, est peut-être de nature à contribuer à l’élucidation d’un autre problème. On sait que beaucoup de personnes invoquent à l’encontre d’un déterminisme psychique absolu, leur conviction intime de l’existence d’un libre-arbitre. Cette conviction refuse de s’incliner devant la croyance au déterminisme. Comme tous les sentiments normaux, elle doit être justifiée par certaines raisons. Je crois cependant