Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/282

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CHAPITRE XI

ASSOCIATION DE PLUSIEURS ACTES MANQUÉS


Deux des exemples cités dans le chapitre précédent, à savoir ma propre erreur, consistant à situer les Médicis à Venise, et celle du jeune homme qui a su, malgré la défense qui lui en était faite, entrer en communication téléphonique avec sa maîtresse, n’ont pas été décrits d’une façon précise et apparaissent, à un examen plus attentif, comme résultant d’une combinaison d’un oubli et d’une erreur. Avec plus de netteté encore, cette même combinaison apparaît dans quelques autres exemples que je vais citer.

a) Un ami me fait part du fait suivant : « Il y a quelques années, je me suis fait élire membre du comité d’une association littéraire, dans l’espoir que cette société m’aiderait à faire jouer une de mes pièces. Je prenais part, sans grand enthousiasme d’ailleurs, aux réunions du Comité qui avaient lieu tous les vendredis. Il y a quelques mois, je reçus l’assurance que ma pièce serait jouée au théâtre de F., et depuis ce moment j’oublie régulièrement de me rendre aux séances. Ayant lu vos travaux, j’ai eu honte de mon oubli, en me disant que c’était indélicat de ma part de manquer les réunions parce que je n’avais plus besoin de ces gens. Aussi étais-je fermement décidé à ne pas oublier d’assister à la réunion du vendredi suivant. Je pensais tout le temps à cette décision et, lorsque je l’ai enfin mise à exécution, je me suis trouvé, à mon grand étonnement, devant une porte close : je m’étais en effet trompé de jour ; j’étais venu le