Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/226

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attend un prétexte qui se substituera à une partie des causes réelles et véritables et qui, détournant les forces de conservation de la personne, la débarrassera de la pression qu’exercent sur elle ces causes 78. Les considérations que je développe ici sont bien loin d’être oiseuses. Je connais plus d’un soi-disant « accident » malheureux (chute de cheval ou de voiture) qui, analysé de près et par les circonstances dans lesquelles il s’est produit, autorise l’hypothèse d’un suicide inconsciemment consenti. C’est ainsi, par exemple, que pendant une course de chevaux, un officier tombe de sa monture et se blesse si gravement qu’il meurt quelques jours après. Son attitude, après qu’il fût revenu à lui, était tout à fait bizarre. Mais encore plus bizarre était soin attitude avant la chute. Il était profondément déprimé à la suite de la mort de sa mère qu’il adorait, était pris brusquement de crises de larmes, même lorsqu’il se trouvait dans la société de ses camarades, voulait quitter le service pour s’en aller en Afrique prendre part à une guerre qui, au fond, ne l’intéressait pas du tout 79. Cavalier accompli, il évitait depuis