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CHAPITRE VIII

MÉPRISES ET MALADRESSES


Au travail, déjà mentionné, de Meringer et Mayer j’emprunte encore le passage suivant (p. 98) :

« Les lapsus de la parole ne sont pas des phénomènes isolés. Ils correspondent aux erreurs auxquelles sont sujettes les autres activités des hommes et qui sont connues sous la dénomination absurde d’oublis. »

Je ne suis donc pas le premier à avoir attribué un sens et une intention aux petits troubles fonctionnels de la vie quotidienne[1].

Si les erreurs que nous commettons lorsque nous nous servons du langage, qui est une fonction motrice, admettent une telle conception, rien ne s’oppose à ce que nous étendions celle-ci aux erreurs dont nous nous rendons coupables en exécutant les autres fonctions motrices. Je divise ces dernières erreurs en deux groupes : le premier comprend les cas où l’effet manqué semble constituer l’élément essentiel ; ce sont, pour ainsi dire, des cas de non6conformité à l’intention, donc des cas de méprises ; dans le second groupe, je range les cas où l’action tout entière apparaît absurde, semble ne répondre à aucun but : actions symptomatiques et accidentelles. La séparation entre ces deux groupes n’est d’ailleurs pas nettement tranchée, et nous aurons l’occasion de nous convaincre, au cours de notre exposé, que toutes les divisions que nous

  1. Une publication ultérieure de Meringer m’a montré que j’avais tort d’attribuer à l’auteur cette manière de voir.