Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/162

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reprochât à ses malades, dans des termes assez durs, leur alimentation peu rationnelle, c’est-à-dire malgré l’habitude qu’il avait de les chapitrer et réprimander (Leviten lesen; littéralement – « lire le Lévitique »), avait une très forte clientèle, de sorte que sa salle d’attente était remplie de monde aux heures de la consultation et qu’il était obligé de presser ses malades de se rhabiller une fois l’examen terminé. « Vite, vite », devait-il leur dire en français. Je crois pouvoir me rappeler que sa femme était française d’origine, ce qui justifie dans une certaine mesure ma supposition un peu osée que, dans son désir de voir les malades se succéder aussi rapidement que possible, il pouvait se servir de ce mot français. C’est d’ailleurs une habitude chez beaucoup de personnes d’exprimer des désirs de ce genre à l’aide de mots étrangers . c’est ainsi qu’au cours des promenades qu’il faisait avec nous, lorsque nous étions enfants, mon père nous adressait souvent ses commandements en italien (Avanti gioventù) ou en français (marchez au pas!); et alors que, jeune fille, j’étais en traitement pour un mal de gorge, le médecin, déjà âgé, cherchait à calmer mes mouvements trop brusques par un apaisant « piano, piano! » Aussi me paraît-il tout à fait vraisemblable d’admettre la même habitude chez le médecin en question. Et ainsi se trouve expliquée sa prescription (son lapsus) 54 « eau de Levitico », au lieu de «eau de Levico ». Le même auteur ajoute d’autres exemples empruntés à ses souvenirs de jeunesse.

o) Voici un lapsus calami qui pourrait être pris pour un jeu de mots d’un goût douteux, mais qui a été commis sans aucune intention de faire de l’esprit. Il m’a été communiqué par M. J.G. dont j’ai déjà mentionné une autre contribution à ces recherches.