Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/161

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Par wave il voulait dire naturellement vague, courant des affaires; mais, en réalité, ce n’est pas wave qu’il a écrit, mais wife (femme). Il en voulait, dans son for intérieur, à sa femme, à cause de sa frigidité sexuelle et de sa stérilité, et il n’était pas loin de reconnaître que l’abstinence qui lui était imposée jouait un grand rôle dans l’apparition de ses troubles.

m) Le De R. Wagner rapporte (dans ZentraIbl f. Psychoanal., 1, 12) ce cas personnel :

« En relisant un vieux cahier de cours, je constate que la vitesse avec laquelle j’avais dû écrire pour suivre le professeur m’avait fait commettre un lapsus calami : voulant écrire EPithel (épithélium), j’avais mis EVithel. En mettant l’accent sur la première syllabe de ce dernier mot, on obtient le diminutif d’un nom de jeune fille. L’analyse rétrospective est assez simple. A l’époque du lapsus, il n’existait entre la jeune fille, porteuse de ce nom, et moi que des relations tout à fait superficielles. Elles ne sont devenues intimes que beaucoup plus tard. Mon lapsus apparaît ainsi comme un beau témoignage d’une inclination inconsciente, et cela à une époque où je ne pensais même pas à la possibilité de relations intimes entre Édith et moi. La forme du diminutif choisie caractérise en même temps les sentiments qui accompagnaient ma tendance inconsciente ».

n) Dans ses « Contributions au chapitre des erreurs d’écriture et de lecture » (Zentralbl. f. Psychoanalyse, II, 5) Madame la doctoresse von Hug-Hellmuth écrit :

« Un médecin prescrit à une malade de l’ « eau de Levitico », au lieu d’écrire : « eau de Levico » Ce lapsus, qui fournit au pharmacien un prétexte à des remarques désobligeantes, peut s’expliquer facilement, si l’on veut bien en chercher les raisons possibles dans l’inconscient et ne pas refuser par avance à ces raisons toute vraisemblance, alors qu’elles apparaîtraient comme exprimant l’opinion subjective d’une personne étrangère à ce médecin. Celui-ci, bien qu’il