Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/151

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car la déformation de noms signifie très souvent le mépris, ainsi que je l’ai fait remarquer à propos des lapsus 48.

c) Cette remarque trouve une confirmation dans une belle observation que M. A. J. Storfer a faite sur lui-même et dans laquelle l’auteur met à nu, avec une franchise louable, les motifs qui l’ont poussé à reproduire inexactement et à écrire incorrectement le nom d’un concurrent présumé (Internat. Zeitschr. f. Psychoanalyse, Il, 1914).

Déformation obstinée d’un nom

« En décembre 1910, j’aperçus dans la vitrine d’une librairie zurichoise le livre nouvellement paru du Dr Édouard Hitschmann sur la théorie freudienne des névroses. Je travaillais alors précisément à une conférence que je devais faire dans une association académique, sur les fondements de la psychologie freudienne. Dans l’introduction, que je venais de terminer, j’insistais sur les rapports historiques qui existent entre la psychologie freudienne et les recherches expérimentales, sur les difficultés qui, de ce fait, s’opposent à un exposé synthétique des fondements de cette théorie et sur le fait qu’aucun exposé synthétique de ce genre n’existait encore. En voyant dans la vitrine le livre de E. Hitschmann (qui était alors pour moi un auteur inconnu) je n’avais pas pensé tout d’abord à l’acheter. Mais lorsque je m’y décidai quelques jours plus tard, le livre n’était plus dans la vitrine. En demandant au libraire le livre en question, je lui