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LA FIANCÉE DU SOLEIL

 

Exténuée de langueur et de nostalgies effilées, Églantine de Buys-Soncreu se laissait torturer par l’atroce douceur de cette après-midi printanière.

La chaleur faisait grésiller son âme d’où montaient, comme d’une cassolette où brûlent des pastilles d’Arabie, des soupirs qui se mêlaient à l’odeur des arrosoirs. Les mille pensées qu’elle n’avait pas bourdonnaient dans sa tête avec un petit bruit en colère, et les délices de mordre à même ces minutes juteuses lui causaient un mal affreux.

En face d’elle, Hyacinthe de Buys-Soncreu, son mari, lisait un journal déplié qui lui masquait le visage. Il avait les cheveux noirs et