Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/336

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mode de travail particulier dont nous voyons la manifestation la plus frappante dans le contenu du rêve, ne s’explique pas uniquement par l’état de sommeil de la vie psychique, puisque nous observons des manifestations de ce même mode de travail jusque dans la vie éveillée. Cette considération nous interdit également d’assigner pour conditions à ces processus psychiques, anormaux et bizarres en apparence, une profonde dissociation de l’activité psychique ou des états morbides de la fonction 101.

Mais nous pouvons formuler un jugement correct sur le travail particulier qui aboutit aussi bien aux actes manqués qu’aux images dont se compose un rêve, si nous tenons compte de ce fait, scientifiquement établi, qui les symptômes psychonévrotiques, et plus spécialement les formations psychiques de l’hystérie et de la névrose obsessionnelle, reproduisent dans leur mécanisme tous les traits essentiels de ce mode de travail. Mais nous avons encore un intérêt tout particulier à considérer les actes manqués, accidentels et symptomatiques, à la lumière de cette dernière analogie. En les mettant sur le même rang que les manifestations des psychonévroses, que les symptômes névrotiques, nous donnons un sens et une base à deux affirmations qu’on entend souvent répéter, à savoir qu’entre l’état nerveux normal et le fonctionnement nerveux anormal, il n’existe pas de limite nette et tranchée et que nous sommes tous plus ou moins névrosés. Il n’est pas besoin d’avoir une grande expérience médicale pour imaginer plusieurs types de cette nervosité plus ou moins ébauchée, plusieurs « formes frustes » des névroses : des cas aux symptômes peu nombreux ou se manifestant à des intervalles éloignés ou avec une intensité atténuée, donc des cas aux manifestations pathologiques atténuées quant au nombre, à l’intensité et à la durée; il se