Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/29

From Wikisource
Jump to navigation Jump to search
This page has been validated.


j’ai réellement eu ces idées, vous ne les prenez pas au sérieux. Je vous avouerai en revanche que la dame dont il s’agit est une Italienne, en compagnie de laquelle j’ai d’ailleurs visité Naples. Mais ne s’agirait-il pas dans tout cela de coïncidences fortuites ? — À vous de juger si toutes ces coïncidences se laissent expliquer par le seul hasard. Mais je tiens à vous dire que toutes les fois où vous voudrez analyser des cas de ce genre, vous serez infailliblement conduits à des « hasards » aussi singuliers et remarquables.

J’ai plus d’une raison d’attacher une grande valeur à cette petite analyse dont je suis redevable à l’obligeant concours de mon compagnon de voyage d’alors. En premier lieu, il m’a été possible, dans ce cas, de puiser à une source qui m’est généralement refusée. Je suis, en effet, obligé le plus souvent d’emprunter à mon auto-observation les exemples de troubles fonctionnels d’ordre psychique, survenant dans la vie quotidienne et que je cherche à réunir ici. Quant aux matériaux beaucoup plus abondants que m’offrent mes malades névrosés, je cherche à les éviter, afin de ne pas voir m’opposer l’objection que les phénomènes que je décris constituent précisément des effets et des manifestations de la névrose. Aussi suis-je heureux toutes les fois que je me trouve en présence d’une personne d’une santé psychique parfaite et qui veut bien se soumettre à une analyse de ce genre. Sous un autre rapport encore, cette analyse me paraît importante, puisqu’elle porte sur un cas d’oubli de mot sans souvenir de substitution, ce qui confirme la proposition que j’ai formulée plus haut, à savoir que l’absence ou la présence de souvenirs de substitution incorrects ne crée pas de différence essentielle entre les diverses catégories de cas[1].

  1. Une observation plus fine permet de réduire l’opposition qui semble exister, quant aux souvenirs de substitution, entre le cas Signorelli, et le cas aliquis. C’est que dans celui-ci l’oubli paraît également être accompagné de la formation de mots de substitution. Lorsque j’ai ultérieurement