Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/267

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CHAPITRE X

LES ERREURS


Les erreurs de mémoire ne se distinguent des oublis avec faux souvenir que par ce détail que les premières, loin d’être reconnues comme telles, trouvent créance. l’ « emploi du mot « erreur » semble se rattacher encore à une autre condition. Nous parlons d’erreur, au lieu de parler de faux souvenir, lorsque dans les matériaux psychiques qu’on veut reproduire on tient à mettre l’accent sur leur réalité objective, c’est-à-dire lorsqu’on veut se souvenir d’autre chose que d’un fait de la vie psychique de la personne qui cherche à se souvenir, d’une chose pouvant être confirmée ou réfutée par le souvenir d’autres personnes. D’après cette définition, c’est l’ignorance qui serait le contraire d’une erreur de mémoire.

Dans mon livre Die Traumdeutung (1900 ; 3e édit., 1919), je me suis rendu coupable d’une foule d’erreurs portant sur des faits historiques et autres, erreurs qui m’ont frappé et étonné lorsque j’ai relu le livre après sa publication. Un examen un peu approfondi n’a pas tardé à me montrer que ces erreurs ne tenaient nullement à mon ignorance, que c’étaient des erreurs de mémoire facilement explicables par l’analyse.

a) Page 266, je donne la ville de Marburg, dont le nom se retrouve en Styrie, comme étant la ville natale de Schiller. Je retrouve la cause de cette erreur dans l’analyse d’un rêve que j’ai fait au cours d’un voyage de nuit et dont j’ai été brusquement tiré par le conducteur annonçant la station Marburg. Dans ce rêve,