Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/196

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de gens et je n’ai pas eu l’occasion d’analyser les actes de personnes sujettes aux oublis de ce genre, de sorte que je ne puis rien affirmer avec certitude quant aux motifs qui président à ces oublis. Mais je crois pouvoir dire par analogie qu’il s’agit d’un degré très prononcé de mépris à l’égard d’autrui, mépris inavoué et inconscient, certes, et qui utlise le facteur constitutionnel pour s’exprimer et se manifester 69.

Dans d’autres cas, les motifs de l’oubli sont moins faciles à deviner et provoquent, lorsqu’ils sont découverts, une surprise plus grande. C’est ainsi que j’ai remarqué autrefois que sur un certain nombre de malades que j’avais à visiter, les seules visites que j’oubliais étaient celles que je devais faire à des malades gratuits ou à des confrères malades. Pour me mettre à l’abri de ces oublis, dont j’avais honte, j’avais pris l’habitude de noter dès le matin toutes les visites que j’avais à faire dans le courant de la journée. J’ignore si d’autres médecins ont eu recours au même moyen pour arriver au même résultat. Mais cette expérience nous fournit une indication quant aux mobiles qui poussent le neurasthénique à noter sur le fameux « bout de papier »fut ce qu’il se propose de dire au médecin. On dirait qu’il ne se fie pas à la force et à la fidélité de sa mémoire. C’est certainement exact, mais les choses se passent le plus souvent ainsi : Après avoir longuement exposé les troubles qu’il ressent et posé toutes les questions qui s’y rapportent, le malade