Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/82

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donc pensé à deux réponses qui se sont fondues en une seule par l’intermédiaire de deux mots (draut provenant de la fusion de dauert et de traurig) ».

Par sa théorie des images verbales « nomades », qui sont situées au-dessous du seuil de la conscience et qui ne sont pas destinées à être formulées en paroles, et par son insistance sur la nécessité de rechercher tout ce à quoi le sujet pense pendant qu’il parle, la conception de Meringer et Mayer se rapproche singulièrement, il est facile de s’en rendre compte, de notre conception psychanalytique. Nous recherchons, nous aussi, des matériaux inconscients, et de la même manière, à cette seule différence près que nous prenons un détour plus long, puisque nous n’arrivons à la découverte de l’élément perturbateur qu’à travers une chaîne d’associations complexe, en partant des idées qui viennent à l’esprit du sujet lorsque nous l’interrogeons.

Je m’arrête un instant à une autre particularité intéressante, dont les exemples de Meringer nous apportent d’ailleurs la preuve! D’après l’auteur lui-même, ce qui permet à un mot, qu’on n’avait pas l’intention de prononcer, de s’imposer à la conscience par une déformation, une formation mixte, une formation de compromis (contamination), c’est sa ressemblance avec un mot de la phrase qu’on est en train de formuler : lagen-jagen ; dauert-traurig ; Vorschein-Schwein.

Or, dans mon livre sur l’Interprétation des rêves[1], j’ai précisément montré la part qui revient au travail de condensation dans la formation de ce qu’on appelle le contenu manifeste des rêves, à partir des idées latentes des rêves. Une ressemblance entre les choses ou entre les représentations verbales de deux éléments des matériaux inconscients, fournit le prétexte à la formation d’une troisième représentation,

  1. Die Traumdeutung. Leipzig et Vienne, 1900, 5ͤ édit. 1919.