Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/244

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voluptueuse qu’il avait éprouvée à sentir la tête du docteur appuyée sur sa poitrine par l’intermédiaire du stéthoscope, ainsi que le va-et-vient rythmique de ses mouvements respiratoires. A l’âge de trois ans il eut une maladie chronique des bronches qui nécessita des examens répétés, dont il ne se souvient d’ailleurs pas.

« A l’âge de huit ans, il fut fortement impressionné, en entendant un de ses camarades raconter que le médecin avait l’habitude de se mettre au lit avec ses patientes. Ce récit avait un fond de vérité, car le médecin en question jouissait de la sympathie de toutes les femmes du quartier (et de sa mère aussi). L’analysé lui-même avait éprouvé plus d’une fois le désir sexuel en présence de certaines de ses patientes; il en avait successivement aimé deux et avait fini par épouser une cliente. Il est à peu près certain que c’est son identification inconsciente avec le médecin qui le poussa à choisir la carrière médicale. Il résulte d’analyses faites sur d’autres médecins que telle est en effet la raison la plus fréquente (bien qu’il soit difficile de préciser cette fréquence) du choix de cette carrière. Dans le cas précis, il put y avoir deux moments décisifs : en premier lieu, la supériorité, qui s’est manifestée dans plusieurs occasions, du médecin sur le père, dont le fils était très jaloux; et en second lieu le fait que le médecin savait des choses défendues et avait de nombreuses occasions de satisfaction sexuelle.

« L’analysé retrouve ensuite le souvenir d’un rêve (qui a été publié ailleurs 83 de nature nettement homosexuelle et masochiste, dans lequel un homme, qui n’est qu’un avatar du médecin, menaçait le rêveur d’un glaive. Cela lui rappela une histoire qu’il avait lue dans le Chant des Niebelangen et où il est