Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/231

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deviner son intention, ce tas de pierres qui lui semblait se prêter on ne peut mieux au but qu’elle se proposait. C’est ce qui explique qu’elle n’ait pas songé à étendre ses bras pendant la chute et que l’accident lui-même ne l’ait pas impressionnée outre mesure. On peut voir une autre cause, peut-être moins importante, de son accident, dans la recherche d’un châtiment pour son désir inconscient de voir disparaître son mari – qui n’était d’ailleurs que complice dans l’affaire de l’avortement. Ce désir s’est exprimé dans la recommandation qu’elle lui faisait de traverser la rue avec prudence, recommandation complètement inutile, étant donné que le mari, à cause précisément de la faiblesse de ses jambes, marchait avec les plus grandes précautions 80. »

En examinant de près les circonstances dans lesquelles s’est produit le cas suivant, on sera enclin à donner raison à M. J. Stärcke (1.c.), qui voit un «sacrifice» dans la mutilation en apparence accidentelle par brûlure.

« Une dame, dont le gendre devait partir pour l’Allemagne où il était appelé par son service militaire, se brûla le pied dans les circonstances suivantes : Sa fille était sur le point d’accoucher, et les préoccupations causées par les dangers de guerre n’étaient pas de nature à faire régner la gaieté dans la maison. La veille du départ de son gendre, elle invita celui-ci et sa fille à dîner. Elle se rendit à la cuisine pour préparer le repas, après avoir mis (chose qui ne lui arrivait jamais) à la place de ses brodequins à semelles dans lesquels elle se sentait très à l’aise et qu’elle avait l’habitude de porter à la maison, les grandes pantoufles,