Page:Freud - La Psychopathologie de la vie quotidienne, 1922, trad. Jankélévitch.djvu/53

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lhof », un endroit dans lequel il a fait récemment, en compagnie d’une charmante jeune fille, une promenade dont il garde le meilleur souvenir. La jeune fille lui a fait cadeau d’un objet portant l’inscription : « En souvenir des belles heures passées à Gallhof. » Quelques jours avant l’oubli du nom « Gilhofer », M. N., en fermant brusquement le tiroir dans lequel il avait serré l’objet, l’a sérieusement abîmé ; ce n’était certes qu’un fait accidentel, mais M. N., familiarisé avec la signification des actes symptomatiques, ne pouvait se défendre d’un sentiment de culpabilité. Depuis cet accident, il se trouvait dans un état d’âme quelque peu ambivalent à l’égard de cette dame, qu’il aimait certes, mais dont les avances en vue du mariage se heurtaient chez lui à une résistance hésitante.

m) Dr Hanns Sachs :

« Dans une conversation ayant pour objet Gênes et ses environs immédiats, un jeune homme veut nommer aussi la localité Pegli, mais ne parvient à retrouver ce nom que difficilement et à la suite d’un grand effort. Pendant qu’il rentre chez lui, il pense à l’oubli de ce nom qui lui était cependant si familier, et voilà que surgit dans son esprit le mot Peli, ayant exactement la même prononciation. Il sait que Peli est le nom d’une île de l’Océan Austral, dont les habitants ont conservé quelques coutumes remarquables. Il a lu la description de ces coutumes dans un ouvrage ethnologique et a conçu alors l’idée d’utiliser ces renseignements en vue d’une hypothèse personnelle. Il se rappelle que Peli est également le lieu d’action d’un roman qu’il a lu avec intérêt et plaisir : La plus heureuse époque de Van Zanten, par Laurids Bruun. — Les idées qui l’avaient préoccupé presque sans interruption tout ce jour-là se rattachaient à une lettre qu’il avait reçue le matin même d’une dame pour laquelle il avait beaucoup d’affection ; cette lettre lui faisait entrevoir qu’il aurait à renoncer à